mardi 20 février 2018

à mes flancs

À mes flancs sans savoir
J’ai des hameçons qui choppent
Des morceaux, du passé
Et je traine mes lignes
Mes harpons mes crochets
Et je traine, mes regrets
À mes flancs s’accumulent encore bien frétillants
Les choix que je n’ai pas fait
Les photos les cahiers
Les amours les enfants
Les vies que j’ai rêvé

À mes flancs je suis flanquée
De toute la panoplie
Des années, ça m’angoisse
Je passe plus dans les portes des bistro sans forcer
Les côtés, qui dépassent
À mes flancs lorsque je me retourne ça veut plus
Ça peut plus, ça suit plus
Et ça me taille une culotte de cheval en forme de regret
Et c’est laid
J’ai l’encyclopédie
En 80 volumes
Des horreurs, que j’ai bavé
J’ai le décompte des fois
Où j’ai dit que j’étais nulle
Où je me suis, pardonné
Il y a même un Sudoku
Que j’ai jamais fini
Parce que j’arrivais plus
J’ai des casseroles au cul
Qui font tellement de bruit
Quand j’avance
Que j’avance plus
J’ai un monstre qui fume
J’ai une louve qui déforme
Le monstre qui fume
J’ai déjà quelques morts
J’ai des flux qui m’échappent
Des patients qui s’endorment
Des envies, toujours inassouvies
J’ai des femmes meurtries en pagaille
Qui sont toutes moi
Qui me sortent des yeux
Qui me lâchent plus les entrailles
J’ai des hommes blessés
Qui me restent agrippés
Qui supplient que j’arrête de les aimer
J’ai des orgasmes au bide
Qui me le laissent vide
Et avide, et béant
J’ai du sang circulant
Tous les mois s’écoulant
À mes flancs recyclés, recrachés
À mes flancs j’ai un cri
Poussé comme un esclave
Des langues déjà inventées
À mes flancs je trimbale des pensées empruntées
Triomphant, puis jetées, ah
À mes flancs j’ai un rêve
Mais ça c’est moi qui le tiens
J’lâche pas, j’lâche pas
Ça doit vouloir dire ça
Vivre j’en sais rien
Ça fais peur
Mais je lâche rien
À mes flancs j’ai un rêve
Mais ça c’est moi qui le tiens
J’lâche pas, j’lâche pas
Ça doit vouloir dire ça
Vivre j’en sais rien
Ça fais peur
Mais je lâche rien

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